vendredi 2 décembre 2016

En novembre la lumière s'espace



Novembre, début des mois noirs miz du...bah comme tous les ans quoi, mais cette année un peu plus rude pour cause de grippe venu restreindre mes activités hors de la maison et puis pour cause d'actualités électorales ici et là-bas aux USA. C'est bien plus pénible qu'un virus grippal ces virus de la pensée, cette intolérance au différant . Serait-il si difficile de penser en plus d'un ? Sortir des Etats Nations ?




Amap, les choux 2016. GCC



 Novembre , il restera de cette élection improbable ou trop prévisible selon le point de vue l'impuissance à lire l'effroi au delà de l'Atlantique et des amis et connaissances , cette réaction courant de post en post sur Instagram et puis il restera la joie de lire la force des femmes, leur souci pour leurs enfants et famille, compagnons de vie, collectifs, communautés, les besoins de respect du différant, cette vie intense qui résiste et se clame.





Amap, les courges 2016. GCC




Le mensonge, les fausses promesses, les mots distordus et ce silence assourdissant face à ce qui devrait nous importer, notre présent et ces années à venir sur une planète qui finalement s'est avérée tout autre que ce que l'occidental avait bien voulu penser d'elle .
Est-il venu un temps pour définir ce qui ne peut que être conflictuel ?
Est-il venu un temps où se définir et  exiger de l'interlocuteur qu'il définisse son ses territoire (s) d'appartenance? 





 " Dites nous plutôt qui vous êtes, qui sont vos amis et vos ennemis, qui vous êtes prêt à sacrifier à votre bonheur, quels étrangers peuvent vous mettre dans une situation telle que votre existence sera niée - et en plus s'il vous plaît dites nous enfin clairement par quelle déité vous vous sentez convoqué et protégé. " Bruno Latour, Les Etats (de nature) entre guerre et paix.





Amap, choux rouges , 2016. GCC.



Alors ? 
Miz du.

Il y a des zones lumineuses où se créent des projets ensemble, mais ce n'est pas sans conflit. A avoir un espace hebdomadaire où causer avec le paysan boulanger qui fait le pain que nous mangeons, avec les maraîchers de l'AMAP, avec le berger qui produit le fromage de brebis, avec celle là qui est passé vendre de l'huile et du vin du sud et bien les échanges râpent parfois. Il m'est étrange que l'on me dise "tu ne connais pas tout cela dans le monde où tu vis ..." . Quel monde m'est tout à coup assigné comme le mien ? intellectuelle urbaine ?  de quelle crainte cela vient-il ? de ce mépris d'Etat Nation envers ceux qui nourissent ? de cette bio industrielle qui grignote chaque jour nos discours ? de ces "élus" qui régissent et restreignent les "envahissements" potagers des terrains collectifs en friche ? 
Je suis et me sens pourtant si peu loin en terme de génération d'un rapport si différent à la terre moi qui vient de ces "bouseux" ayant toujours vécu dans un périmètre de 25 km sur 25 dans un territoire breton dont l'identité n'est pas celle des Modernes.






lectures, pol





Alors ?
Miz du.




" Tout ce dont j'avais horreur en Irlande, l'étroitesse d'esprit, l’exiguïté, la petitesse, j'ai fait ma paix avec. Tout a pris beaucoup moins d'importance, j'ai recommencé à voir la beauté des gens, leur souffrance et je me suis dit : moi aussi, je suis d'ici, je n'ai pas besoin de ruser, de porter des masques , je suis d'ici. C'est l'un des noms du bonheur." Paol Keineg, Terres lointains.




Alors je sais désormais de quel territoire je suis . Certains disent que cette maison sur cette colline dans ce pays qui est mien est une "bulle" , il ne s'agit pas de cela justement elle est la vie, là où je suis moi, là où j'expérimente un autre rapport au monde.

Je sais aussi ce qui est ennemi et ce qui met en danger ce à quoi je crois.
Je ne retournerai pas aux soins , à l’hôpital, à ce qui désormais chaque jour dérive bien loin de l'art médical . Il s'agirait que je sois considérée dans le néo langage,comme" invalide",  comme "handicapée" ;  je ne voulais pas être victime ou alors d'une guerre qui ne dit pas son nom et son but mais les injonctions à être socialement cela sont rudes. Mais ce sont leurs mots dans leur territoire . Ils ne sont pas miens encore moins moi.

Mon territoire, le mien , le notre est autre, de terre et de mer, de chants et de gestes, de douceur et de narrations, d'inventions, d'odeurs, de nouveaux, de respect, d'attention, de larmes et de danses, de colères et de rires.
De mains ouvertes.
De petites et de grandes mains entrelacées.
De vie.


Baa Ble Hat, version Méné, variation sur patron de Dona Smith design. pol
 Alors ?
Miz du.

Quelqu'un m'a dit 


"Il est question maintenant de vivre, de bien vivre."


A bientôt,

Mathurine.