mardi 21 juin 2016

You know what ? Ce fut un beau printemps !


Et bien voilà, juste un bonjour en passant !
Juste histoire de partager cette joie devant la nature et son mouvement perceptible.
Juste respirer.


Décider de modifier la routine quotidienne et prendre le goûter allongés sur des couvertures, cachés dans les hautes herbes.
Ah l odeur de l herbe ! Et le chant des oiseaux !



 Et puis le gris orageux qui s'est installé depuis des semaines et le tourbillon social qui plombe la toile mais soulève des échanges passionnés qui ébranlent nos silences apathiques.

Où allons nous ?

Lire pour comprendre, et surtout partager !

Non libre de droit. Creative commons.
L'infini des couleurs. Audierne
pol

mercredi 30 mars 2016

Bleue notre Terre! Make it Work Together ! Quel DIY pour moi ? #200

MKAL, @byannieclaire , 2015 and eldeberry flowers.




Je vous ai parlé dans mon post précédent des blogs et fils instagram dont la lecture régulière me nourrit plus que Pinterest. Il y a Alabama Chanin et son admirable , tenace et combatif  travail en open source , avec  The school of making ( @theschoolofmaking #theschoolofmaking) ou #buildawardrobe2016.  S'y est ajouté récemment deux blogs et podcasts : Woolful et A Playful day.
A Playful Day a commencé récemment une nouvelle saison où elle souhaite explorer ces questions :

"What does making mean to YOU? What brings you joy? What are your frustrations? What do you secretly wish to achieve and what can we do as a community to help make that happen?"



Wool and tea.





D'où vient ce besoin de fabriquer ?, cette nécessité et ce plaisir à tricoter des heures durant ?,  à penser, dessiner et coudre un vêtement ? 


Je suis ici, je ne fais rien .


Les enfants petits, un budget serré et le temps/temporalité des enfants.

Il y eut les années de la petite enfance du petit peuple où leur tricoter une brassière puis un pull , des chaussons, des moufles, des bonnets était  si agréable et so kawai. Avant il y avait eu le plaisir avec de petits moyens financiers de fabriquer pour celui que j'aimais ses pulls au fil des heures. Et puis des enfants petits se sont de longues heures à assurer une présence du jardin public , à la sieste, des jeux intérieurs aux salles d'attente, dans tous ces petits moments un tricot ça occupe les mains et je sais pas vous mais pour moi  ça  provoque une espèce d'attention flottante agréable.


Le fil.

L'activité professionnelle accélérée, les préados.


 Et puis il y eut des années sans aiguilles à tricoter , et où la machine à coudre ne sortait que pour des travaux quotidiens mais où il était question de fabriquer avec les enfants des colliers, des poupées, un jardin...

De toujours il y eut la photographie et l'écriture.



Les gestes , la main et le travail.


Pour ceux qui me suivent depuis ces dernières années, vous savez que la vie a été rude; dans ces rudes années familiale et professionnelle, m'accorder l'espace d'un atelier, y organiser ce dont j'avais besoin, reprendre geste après geste ce qui s'était déconstruit dans mes capacités praxiques et d'attention fut une rééducation quotidienne. Il a été un réel soulagement , espoir porteur de voir que si mon cerveau refusait tout effort de lecture ou tout ce qui pouvait s'approcher de mon travail très intellectuel antérieur, mes gestes s'affirmaient et que le plaisir revenait avec eux. Et en complément des gestes précis de coudre, tricoter , est revenu le plaisir du toucher pas simplement du contact avec la matière mais ces sensations complexes de la texture, du fil, du tombé, ces ajustements  permanent du geste avec la texture du tissu, de la laine.
Il y eut aussi la frustration du temps de la matière ; cesser avec l'hyperactivité pour accepter d'écouter le matériau fut un rude apprentissage et parfois le projet a fini en tas ...
Mais tout  ça c'était de nouveau joyeux, riche, gai !



Les dunes, recycler, 2013.




Le Do It Youself, la question politique, les communautés virtuelles.

2013, j'ai commencé un projet qui est encore sur cahier, projet qui était de réfléchir au pourquoi de cette place si importante de la couture, du tricot dans ma vie et dans celles de nombreuses  bloggeuses. Je crois qu'à ce moment là c'était une manière de lutter contre le sentiment d'envahissement de mon espace reconstitué par le "loisirs créatifs" qui envahissait jour après jour la toile et les discussions sur Thread and Needles jusqu'à l'apogée du débat Plagiat (162 pages à ce jour). Coudre ne veut pas forcément dire slow fashion et peut être une autre fast fashion...A l'époque j'avais plusieurs hypothèses : -la question politique et sociale de la décroissance,- les questions d'identité de genre (pour moi la longueur et la jupe qui ne serait pas tailleur par exemple) mais aussi sociale (un vêtement à soi qui rompt avec l'uniformité imposée, quelque chose de soi portée par soi, la notoriété dans la blogosphère, le regard des autres et la question de la reconnaissance du travail fait), -la mise en valeur des gestes et de la main, le rapport à la matière- la "collectionnite" : patrons, matériels, les tissus, les laines...compensation ?

Et en parcourant les blogs en me centrant sur les plus suivis dans un premier temps, j'ai retrouvé des thèmes récurrents attendus : 
"se différencier " ajouter son grain de sel" " à quoi bon faire des vêtements que l'on trouve ailleurs?"
" en voyant ce pull, cette robe je me disais je suis capable de faire ça"
" réflechir sur mon image, sur l'image que je veux renvoyer de moi"
" des vêtements qui me font, qui tiennent compte de ma morphologie"

Mais surtout des choses qui ont rapport finalement au travail au sens noble du terme , une nevie de faire, de saisir les outils , de comprendre , d'élaborer des processus de A à Z...:
"ça devient une obsession à chaque fois que je découvre une nouvelle technique"
" je notes mes idées, c'est souvent beaucoup de temps de réflexion un projet, pour y associer le bon tissu. je laisse parfois mûrir plusieurs mois"
" au fil des années je fais plus sobre, plus fonctionnel , du coup je porte plus "
" on essaie, on persiste"
"j'adore les challenges"
" parfois j'en oublie de manger"
" je me réveille et je réfléchis à mes laines, aux associations de couleurs pour un projet"
" la passion du détail qui fait que"
" j'ai appris à prendre mon temps du coup je fais une toile pour la rapidité"

Emergent aussi 
-le plaisir de la convialité,le partage des connaissances, les échanges grâce aux réseaux sociaux, les rencontres physiques pour certaines, les communautés
- la question du travail/ moyen de subsistance , peux-t-on vivre  de ce qu'on aime ? qu'est ce qui est important finalement si ce qu'on fait  apporte certes moins de revenus mais nous fait retrouver la joie et éclaire notre famille?
- l'engagement politique dans des questions de décroissance sur le logement, la nourriture, l'éducation des enfants, l'activité professionnelle, la consommation de tissus, l'écologie des tissus et des laines... 

La vie en couleurs, Dinard. Bleue notre Terre.

Bleue notre Terre! Make it Work Together!

Bref ça déborde grave le Do It Yourself !!!!

Et dans toutes ces questions sur ce qu'est le travail, le collectif, la convivialité, le faire ensemble, l'open source, l'inventivité humaine pour le bien commun, les mains dans la matière, bref sur toutes ces questions, éminemment politiques bien sûr, dans le fond du fond c'est cela qui est en jeu pour moi en sus de tout ce que j'ai décris plus haut.

" (...)Danses qui ont existé tout au long des manifestations écoféministes et à propos desquelle sl'une d'entre elles écrit la chose suivante : " Nous dansons car après tout c'est ce pour quoi nous nous battons, pour que continuent, que l'emportent ces corps, ces seins, ces ventres, cette odeur de la chair, cette joie, cette liberté. Pour certaines ces manifestations , ces mobilisations furent des actes de magie autant que politiques, par l'énergie et la force qu'elle sont créées comme par les transformations auxquelles elles ont participé."

" We dance afterall because that's what we are fighting for so that continue, that win and live this body, this breasts, this bailies, this smell of flesh, this joy , this freedom."

" Quoi qu'il en soit devant les risques de plus en plus grands de destruction de notre monde, devant la violence des logiques de prédation en cours engendrant souvent une véritable paralysie, un sentiment d’écrasement devant l'immensité et la complexité des problèmes en jeu, pouvant engendrer aussi une véritable perte d'espoir de pouvoir changer quoi que ce soit et bien que se créent encore et encore des espaces dans lesquels se réaffirment et  fabriquent  de la place pour de l'inconnu, du non certain, où peut se dire collectivement et publiquement notre tristesse,notre peur mais aussi nos envies de joie, de vivre et d'humour, me semble non seulement vitaux mais participe profondément à la possibilité d'autres avenirs que des avenirs barbares"

"In face of the growing risk of denaturation of our world, in face of the violence of the ongoing predatory logics that generate a true process of feeling cruched by the immensity and complexity of the problems at  stake, and the loss of hope of being able to change anything ; in face of all this, again and again, spaces where we can voice collectivly and publicly our sadness, our fears, our desire for joy, for life, for humour, these spaces are deeply participating to the making of  all possible futures, not barbarian futures".

Emilie Hache, conférence The ethics and politics of living and dying.



Et vous ? 

Et si nous partagions nos idées sur nos blogs respectifs ?


Se reposer_ série.


nb : je remercie celles dont les blogs ont nourris ces réflexions et bien d'autres choses encore : La Thai qui RizLili The Banyan TreeEoluneSakikojonesThéa OzWenekaaEleonore Klein et Deer and Doe, Amandine Cha Dessolier et Les Trouvailles d'Amandine, Solenn C-L et De Rerum Natura

samedi 26 mars 2016

Quoi de neuf ?




Hello à tous,

Tout d'abord je vous remercie d'être toujours présents. Je ne sais pas trop si les statistiques de blogger correspondent à une véritable activité ou juste des passages liés aux mots clés mais voilà ce blog est toujours parcouru, ce qui me paraît étrange quelque part. 

Il est vrai que je suis toujours présente sur les médias sociaux essentiellement sur Instagram dont  l'essence photographique et son instantanéité, ce fil chronologique qui fait voyager à travers la planète dans des liens informels , me convient parfaitement. Instagram a enrichi ma connaissance du territoire mouvant des arts textiles du tricot, à la couture, du tissage à la teinture, de l'élevage au filage. Ce monde est incroyablement vivant et être témoin de ce qui se crée dans notre monde occidental du UK aux USA, de l' Irlande à la Norvège, du Japon à l'Islande, de la Suède à la France m'apporte une certitude que notre monde bouge et que les femmes sont incroyables ! Il y a quelque chose de ce qui s'est appelé éco-feminisme  dans les années 70-80 qui semble avoir perfusé et s'être installé comme mode de vie "alternatif" où le quotidien, l'éducation des enfants, le jardinage d'un potager, les questions sur la vie et tout le reste, la créativité  prend une place qui ne se questionne plus. Just Make It Work ! Mettre la main à la pâte et voir ce qu'il advient. Raconter, partager, parce que les liens sont importants. Il ne s'agit guère d'audience ou de notoriété même si pour certains il s'agit bien d'un business personnel aussi ou plutôt de ce que se redéfini comme travail hors des cadres du travail salarié. ce qui se lit, se voit , se dit c'est l'impérieuse nécessité de vivre, d'être présent au monde, de le respecter, d'en prendre soin et d'élaborer du nouveau ensemble.

Vous me direz , oui OK mais où lisez-vous tout cela ?...essentiellement dans la blogosphère en anglais, celle en français est incroyablement silencieuse ... 
Alors voilà ce voyage ailleurs me donne envie de revenir faire un tour par les mots d'ici. J'ai comme un besoin de réécrire tout cela et voir si ici finalement ces questions ne bruissent pas aussi mais discrètement.
Je ne promets pas d'être assidue. Parfois le silence ou la présence ailleurs  ou l'envie d'un autre cadre que ce blog que je parcours depuis des années, rendent le clavier muet.

Et puis peut être est-il temps de réessayer votre anglais avec ces blogs:
- a Playful Day  ," a lifestyle blog about making, creativity & process", il ya de très beaux articles et des podacsts passionnant dont une nouvelle saison commence juste. 
- Fringe association de Karen Templer
- Woolful , blog et podcasts
- Taproot magazine, une revue indépendante
- Woven magazine, magazine en ligne mais aussi sur papier

A très bientôt et surtout n'hésitez pas écrivez !



dimanche 3 janvier 2016

Et 2015 fut une étrange, terrible et belle année...


janvier, jouer

janvier , se recueillir

février, histoire textile, back from USA

février, fleurir la ville


mars, jacquard



mars, créer avec du matériel chiné

avril, famille



avril, le ciel



avril, chanvre  et dentelle



mai, première livraison



mai, broder et recycler




mai, chocolat et sureau



juin, les fleurs comestibles, amap


juin, brest 




juin, châle




juillet, bretagne



juillet, chaleur, profiter du calme



juillet, cueillir et planter



septembre, accueillir



septembre, offrir



octobre, penser



novembre, prendre soin




décembre, musique 




décembre, rêver



décembre, fêter





Merci pour votre présence et soutien !

Mathurine




Bonne année 2016 !



Le vent m' a porté ailleurs cette année; un vent doux et tendre, un vent qui a reconstruit mes terres peu à peu, jour après jour, gestes après gestes. Etre éloignée de ce qui était mon espace de travail , de ce terrain collectif toujours en construction et inventions, de cette scène où pouvait se mettre en jeu  mes capacités intellectuelles, fut d'une violence inouïe. Je reviens d'un terrain de guerre où la barbarie sévit et d'où se suicide des pairs. Je suis une survivante de l'in-hospitalier et j'en suis extrêmement heureuse ! Dans cet étrange zone de fuite où j'avais choisi de trouver abri , j'ai découvert des capacités laissées de côté, des zones de notre monde inexplorées. Alors je fus silencieuse cette année, peu certaine que mes mots et images puissent vous transmettre la beauté nécessaire à nos jours simples.


L'hiver les arbres dévoilent leurs lignes, pol , 2016-01


Aujourd'hui dans cet étrange hiver qui ne ressemble pas à un hiver, il pleut sur la fenêtre au dessus de moi. J'ai procédé au rangement de mon "tiny" bureau, jeté l'inutile pour faire place au nouveau, descendu l'écran à portée de regard afin de tenir compte de mes articulations blessées dans le combat passé - il sert si peu à soi-même de dépenser son énergie au lieu de s'adapter-. Je reviens vers cette page blanche que nous partageons souvent de manière fugace certes, mais dont il semble que nous puissions en retirer un petit quelque chose qui nous aère et nous aide à penser et ressentir.

Je ne promets pas de régularité ; le format bref d'instagram où vous pouvez me rejoindre m'est actuellement plus aisé de par sa brièveté et son instantanéité légère mais voilà je rouvre ce cahier.

Douce année à vous , qu'elle vous soit douce et tendre et aimante !

Mathurine

Happy us ! pol,  2016-01

mercredi 22 juillet 2015

Un bel été

Un été en pente douce, chemins creux, Maine. Pol

Je n'écris plus ici. Et pourtant la vie de cet été  en pente douce est bien belle.
J'écris ailleurs, sur Instagram en images avec de courtes phrases souvent en anglais.
J'aime toujours autant les mots, ces textes qui enveloppent les sensations et les gestes, les pensées et les idées, tissant d’improbables liens à travers la toile. J'y ai rencontré de bien belles personnes ici et là-bas.

Un été en pente douce, dans le bleu doré de l'été. pol


Peu à peu une langueur m'est venue, un poids qui ralentissait mon crayon et rendait le trait chaotique et la danse des doigts sur le clavier hasardeuse; puis rien, le silence ici. 
Ce n'est pas que les pensées ne bouillonnent plus ni que l'atelier se soit endormi dans des boîtes en carton. 
Le monde est toujours source d’émerveillement quotidien.


Un été en pente douce,
marier les fils de Kaneh Bosem et de Claire des Bruyeres, pol


Un été en pente douce, photographier l'entour, pol.


Un été en pente douce, vivre la maison, pol.

Non ce sont les mots, les mots en français, il sont devenus malaisants...à quoi bon  les poser sur la toile? Les mots meurent aplatis de leur usage commercial novlangue à la 1984...
et mon crayon.... renonce  face au déferlement...


Un été en pente douce, la famille toujours, pol


Se battre pied à pied, lettre à lettre pour maintenir un sens ?
Nous renonçons les uns les autres et les blogs deviennent silencieux.


Un été en pente douce, partager les passions, pol.



" C'est que vous n'avez réussi qu'à universaliser l'identique 
quand nous identifions le Divers."
Les Hauts Parleurs, Alain Damasio, Aucun souvenir assez solide.

Un été en pente douce, flotter dans le moment, pol.

Mais s'ils étaient des phares nos blogs qui vivent en toute humanité , brillants de la douceur de nos routines quotidiennes et de notre envie d'échanges et de rencontres à travers les distances et les langues ?

Un été en pente douce, les essentiels, pol.

 Une petite voix me dit que vous aimez la simplicité de ce lieu et le calme qui s'y crée.
La sérénité est importante, la beauté aussi.

Laisser les rubans flotter !

Un été en pente douce, sensualité du toucher, pol.


Hauts les coeurs !


A suivre  Daily routine !

Bien à vous tous,

Mathurine